Optimisme

Tenace, créatif, adaptable, visionnaire, audacieux, persévérant, attentif, travailleur … Autant de qualités nécessaires à l’entreprenariat et mises en avant par les entrepreneurs que j’avais interrogés il y a quelque temps.

Il en est une supplémentaire et qui me semble être leur vertu cardinale. L’optimisme. L’optimisme qui permet de débuter l’aventure, d’imaginer que partant d’une idée tout le champ des possibles va s’ouvrir, que l’idée deviendra réalité, offre, clients, audience, équipe, succès, … .

Sans doute aussi parce que, comme le dit Alain, « le pessimisme est d’humeur ; l’optimisme est de volonté ».

1er Janvier 2015, c’est le jour idéal pour partager cet optimisme.

 voeux 2015

Le métro, le digital et l’emploi

L’expansion du digital : trois millions d’emplois seraient menacés à terme en France  selon l’étude  de Roland Berger parue en octobre et intitulée « les classes moyennes face à la transformation digitale ». Angoissant mais porteur d’espoir aussi, rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme, heureusement d’autres emplois seront développés,  encore faut-il anticiper.

Depuis quelque temps, je suis avec intérêt l’évolution de la station de métro Concorde (ligne 8), station qui se modernise depuis un moment déjà. Ce n’est peut-être qu’un pilote mais cette fois c’est fait, il n’y a plus d’affiches … Les enfants assis en face de moi ne se dévissent plus le cou à essayer de les lire, ou  de déchiffrer fièrement le nom de la station. A la place, du digital, de beaux écrans, des images qui défilent trop vite pour eux, ils sont seulement à nouveau hypnotisés par les images-qui-bougent et qui fort opportunément les invitent à aller voir le dernier Disney.

Plus de colleur d’affiche non plus avec son seau de colle et sa brosse et dont nous admirions toujours un peu ébahis la dextérité et la rapidité. Cet emploi fait sans doute partie de ceux évoqués dans l’étude et menacés par l’arrivée massive du digital.

On finirait par être nostalgique …

La femme numérique à-tout-faire

Avez-vous vu une des dernières publicités pour un grand opérateur de téléphonie ? Tard le soir une réunion dans une salle aseptisée, une femme en tailleur sombre et chemisier blanc, c’est la patronne sans doute, elle dirige, ça se voit. Ce doit être une femme numérique … Alerte discrète sur son smart-phone. A la maison le petit vient de faire un cauchemar, il se réveille à moitié, à distance elle remet en marche la veilleuse. Hop ! il se rendort … Etait-il seul chez lui ? Non, bien sûr. Le père est là, mais affalé sur le canapé, il s’était endormi devant « le » match. Elle éteint donc la télévision à distance toujours …

Bref, patronne, mère et compagne parfaite, numérique toujours,  à l’écoute de tous où qu’elle soit, à n’importe quelle heure, plus aucune excuse pour ne pas TOUT faire. Et puis avec un peu de chance quand elle rentrera enfin chez elle, son miroir connecté lui permettra de lire ses derniers mails en se brossant les dents.

Vive la libération de la femme numérique 🙂

Le réseau, le réseau, le réseau …

L’expert du domaine, un premier entretien exploratoire ? le réseau

Un premier regard de comptable ou de juriste ?  le réseau

Un premier client test ? le réseau …

Le réseau, le réseau, le réseau vous dis-je … Les entrepreneurs que je rencontre  n’ont pas toujours conscience de la valeur de leur propre réseau même s’ils sont présents sur les réseaux … sociaux.

Alors inventoriez votre réseau, pas globalement, pas en nombre d’amis ou de relations, mais nommément, en supports actifs de votre aventure, même si vous êtes jeune et débutant ou qu’un vieux reste de timidité ou de modestie vous paralyse. Regardez votre réseau à travers le prisme de votre nouveau projet. Qui est qui ?  Qui connaît qui ? De quelle porte détiennent-ils les clés ? Qui me consacrera un peu de son temps … son bien le plus précieux.

Et osez, osez, osez … parlez, parlez, parlez de votre projet. Tant de portes s’ouvrent pour quelques unes qui se ferment.

Le pire ? Un non … Et alors ?

Entreprendre est une fête

Est-ce l’air de la fin de l’été ? Le besoin de gaîté dans une ambiance plutôt sinistre ? Le vocabulaire de l’eco-système de la création d’entreprise se met à l’unisson. Nous avions déjà l’habitude de la saison automnale du Camping et ses heureux élus, voici maintenant le temps des festivals …

Faut-il donc que tout soit festif ? Festival de Saint-Céré, festival de la Roque d’Anthéron, festival des Vieilles Charrues, tout est festival. Le Monde a son  festival ce week-end  et  la Coquille Saint Jacques sera en fête en octobre tout comme l’entrepreneuriat dont le festival est annoncé pour le même mois.

La nuit ne suffisait plus, le colloque fait trop sérieux, les salons sont surannés, donc allons-y pour les festivals. Sans oublier la définition : série périodique de manifestations artistiques appartenant à un genre donné et qui se tient habituellement dans un lieu précis. Si entreprendre est une fête, c’est donc aussi maintenant un art.

 

Financement participatif … suite et pas fin

Mon nom est au Numa … Je ne suis pas la seule.

Il pourrait être bientôt sur le site de la BNF si je réponds présente à la campagne de financement qui nous propose de contribuer  à l’achat du manuscrit royal de François 1er et éviter de le voir s’échapper en Suisse ou aux Etats-Unis. Je n’ai pas contribué cet été à la campagne de collecte sur KickStarter qui a permis de réunir 55000 dollars pour la réalisation d’une salade de pommes de terre. Mais il ne s’est pas passé  une semaine sans que je reçoive une invitation à doter le grand prix organisé par Investessor ou à participer aux campagnes de financement participatif  pour aider au lancement de Start-Up plus ou moins prometteuses.

Ces campagnes sont très révélatrices … Le public est prêt à donner en ligne, le million de donateurs-prêteurs-investisseurs en France serait franchi. Pour peu qu’il sache pour quoi ou pour qui, que la cause – même potache – soit définie clairement, et que le retour soit précisé. Le choix se fait dans une démarche individuelle, et encore très majoritairement dans une perspective de don plus que d’investissement.

Intéressant coup de pouce pour les jeunes pousses, mais ce doit être bien compris … Ce n’est pas toujours la preuve de la validité d’une idée ou d’un  business plan.

Concours de pitch

« Plus que quelques heures pour bénéficier du tarif Early Bird » …  Entrez « concours de pitch » sur votre moteur de recherche préféré … les résultats ne manquent pas. On est au croisement de l’événementiel et de l’entreprenariat.

Ces concours sont  bien installés dans l’éco-système de la création d’entreprise.  Meilleur cuisinier, meilleur chanteur, meilleur bricoleur, pourquoi pas meilleur pitcheur, en finale devant un jury de spécialistes, avec ou sans vote du public  … and the winner is …

Revenons à la définition du mot pitch.  Dans Wikipedia : mot anglais tirant son origine de sales pitch (« argument commercial »), synthèse d’un récit, d’une œuvre de fiction, à travers une phrase ou un petit paragraphe.

Dans cette définition se situe l’ambigüité  : oeuvre de fiction. Bien souvent dans ces concours, l’entreprise n’est encore qu’à l’état de fiction. Et ces pitchs bien tournés laissent  penser que cette figure condensée de la narration (pour certains 6 secondes maximum, qui dit moins ?), de plus en plus normalisatrice et codifiée,  est le préalable à la réflexion et à l’action. Où la forme aurait tendance à l’emporter sur le fond, le respect des règles de l’art sur la réalité des faits. Est-ce vraiment un bon pitch pour les start-up pitches ?

De l’usage du féminin

Jeudi 19 juin, remise des trophées Paris Pionnières 2014. La communauté des femmes qui innovent-et-entreprennent est réunie. 6 beaux projets sont récompensés, menés par des femmes qui sont parties de la page blanche et ont construit leurs entreprises.

Il faut croire que cela étonne encore. J’en veux pour preuve cette histoire  vécue cette semaine.  Je rencontre une porteuse de projet. Qui connaît son secteur. Un beau projet, ambitieux, international. Comme beaucoup d’entrepreneurs-entrepreneuses en herbe elle n’a jamais construit de business plan. Elle se tourne avec l’aide de son réseau vers un acteur du financement. Qui l’aide, projette, calcule, simule et rédige un beau document très « pro ». Et lui donne un conseil : tout rédiger au masculin, la porteuse devient un porteur, l’entrepreneuse, un entrepreneur. C’est sûr, c’est beaucoup plus sérieux comme ça 🙂

Oui nous sommes bien en juin 2014.

PS : Félicitations aux lauréates Paris Pionnières 2014 :

Prix Innovation  Claire Cano, LuckyLoc  Prix Mixité  Danièle Verguin, Seeing  Prix Management  Nathalie Nowak, ImFusio,  Hélène Merillon, Youboox  Prix Trajectoire  Claire Vinchon, smallIZbeautiful Prix Espoir : Pascale Guasp

Débuter & Entreprendre

Mercredi 30 avril,  cérémonie annuelle de remise des diplômes aux étudiants d’Hétic, l’école qui fabrique des experts et … des étudiants-entrepreneurs. Tous bien sûr ne vont pas débuter et entreprendre, il n’empêche, le taux de création à la sortie ou pendant les études est remarquable. Cinémur, Dataveyes, Bendnote, SmartTribune, Cylapp et d’autres encore sont de beaux exemples.

Je côtoie ces étudiants (à Hétic mais ailleurs aussi à TBseeds ) et j’en  ai interrogé quelques uns sur leur choix d’entreprendre à peine leurs études terminées. Autant de jeunes entrepreneuses que d’entrepreneurs ont répondu. La liberté et l’aventure, la volonté de mettre en œuvre leurs idées sont les premiers moteurs de ce choix fait pendant leurs études. Ils veulent s’appuyer sur leur enthousiasme et leur créativité , même si les freins principaux qu’ils perçoivent sont bien présents : financement, manque de réseau et inquiétude de l’entourage.

Le statut d’étudiant-entrepreneur en gestation, le développement de l’éco-système  autour de l’entreprenariat étudiant devraient favoriser encore cette volonté précoce, et l’accompagner sans tomber pour autant dans le travers du choix « sans risque ».

Et l’accompagnement pourrait également concerner l’entourage et éviter la question parfois entendue : « mais au fait, quand commences-tu à travailler ? »

Une appli monstrueuse ?

–       Peux-tu aller chercher le pain ?

–       Mais, Maman, tu m’as envoyé une demande sur ChoreMonster ?

Les centaines de milliers d’applications disponibles sur Smartphones ne peuvent toutes être des modèles d’intelligence et pour celles destinées aux enfants, de clairvoyance éducative. On peut être fan  des multiples apports des technos  et malgré tout, avant de s’enthousiasmer, ou après, prendre deux minutes de réflexion.

Faut-il vraiment s’émerveiller de l’existence et des évolutions de Choremonster évoquées, entre autres, dans une récente lettre de l’Atelier ?

Tout service rendu est  défini comme une corvée … Mettre le couvert, débarrasser la table, bref donner un coup de main, dans un apprentissage de la collectivité et du partage des tâches, doit donc donner lieu à une récompense « matérialisable ».

Ce serait une version moderne de l’éducation qui éviterait aux parents de parler à leurs enfants  puisque, je cite : « l’application incite à gérer des interactions parent-enfant, qui sont traditionnellement réalisées à l’oral, via une application mobile ». Moderne ? Vraiment ?

Et « elle incite les enfants à répondre à leurs devoirs sans explication morale mais en agissant seulement par intérêt ». L’intérêt de qui ?